À 360° / / / /

Bonlieu : un grand parapluie transparent

Bonlieu-SORIA-Architectes


Bonlieu, espace culturel à Annecy

Avec sa position clé au cœur d’Annecy, Bonlieu est le carrefour des courants piétonniers du centre ville. Un point de rencontre signé Maurice Novarina et Jacques Lévy. 

Jadis, l’emplacement aujourd’hui occupé par le complexe culturel abritait un couvent construit au XVIIe siècle pour des religieuses venant de Bonlieu, hameau du village de Sallenôves. A la fin du XVIIIe siècle, une partie des bâtiments était transformée en fabrique d’armes puis en manufacture de coton tandis que l’autre se transformait en un hôtel : L’Auberge de la Ville de Genève.

Au début des années soixante-dix, l’idée a germé de doter Annecy d’un équipement culturel. Un groupe de travail emmené par deux architectes de renom – Maurice Novarina et Jacques Lévy – ont alors planché sur ce projet d’ampleur, voué à avoir une profonde répercussion sur la vie de toute l’agglomération. Trait d’union entre la vieille ville et les quartiers neufs, le Pâquier et le lac, cette place centrale a été conçue comme « un grand parapluie transparent qui se déploie suivant une volumétrie ascendante?», racontait Jacques Lévy lors de l’inauguration en octobre 1981.

Le profil moderne de Bonlieu était rehaussé par l’emploi du béton et du verre et des piliers de béton armé si caractéristiques par leurs cannelures et leur surface laissée brute. Les proportions de l’architecture ont été adoucies par un système de terrasses facilitant son intégration dans l’espace urbain et le paysage.

Architecture Bonlieur : perméable le parapluie !

Les deux « chefs d’orchestre » ont voulu mettre en musique Bonlieu non pas autour des équipements qu’il rassemble mais autour d’un espace de rencontres, d’échanges, de promenades, de flâneries, de détente et de fête : en résumé, « un espace sans fonction précise, un centre de l’animation urbaine et le lieu d’intégration des fonctions culturelles, commerciales et de loisirs », selon Jacques Lévy.

La démarche architecturale cherchait à renouer avec la création d’un espace public véritable : le bâtiment n’était plus un objet monolithique mais perméable où, par exemple, les notions de dedans/dehors étaient abolies.

Dès l’ouverture du centre, l’architecte émettait un vœu : que Bonlieu « joue pleinement son rôle, en donnant à la ville sa dimension contemporaine, en devenant le foyer central de la vie urbaine, de ses conflits, de ses tensions, de sa richesse et de ses espoirs. »

Reportage de Louise Raffin-Luxembourg


Les commentaires sont fermés.