Sur l’ïle croate de Dugi otok, l’hôtel 5* Villa Nai 3.3 réinterprète, en mode contemporain, la construction traditionnelle en pierre sèche.

Fragmenté. Telles des strates minérales, les bâtiments aux géométries volontairement déformées épousent la topographie.
Blottie dans une oliveraie millénaire, cette réalisation de l’architecte Nikola Baši? s’inspire des savoir-faire dalmates, et plus particulièrement de la technique de la pierre sèche. Omniprésentes, les structures agricoles patiemment assemblées sans mortier façonnent le paysage de Dugi Otok depuis des siècles. Villa Nai 3.3 en reprend l’esprit, la logique et la matérialité dans une écriture actuelle.
Géométrie imparfaite
Le projet pousse à l’extrême le recours aux ressources locales, la roche extraite sur place ayant servi à ériger les volumes comme à produire le béton de l’ensemble du complexe. Les huit hébergements – chambres et suites de luxe – affichent des superficies généreuses, de 70 à 90 m2, prolongées par de vastes terrasses privées. Ici, le trait ne cherche pas la symétrie parfaite, il suit les caprices du terrain, offrant des perspectives multiples sur la mer Adriatique ou sur les champs d’oliviers. Dans la même veine, le restaurant Grotta 11000 – clin d’oeil aux origines paléolithiques de l’île – se niche directement dans un bloc rocheux. Avec Villa Nai 3.3, Nikola Baši? signe un ouvrage récent mais qui semble déjà enraciné dans l’histoire et la géographie de Dugi Otok.

Ressources. Assemblées ou transformées en béton, les pierres extraites du sol ont servi pour construire Villa Nai 3.3.

Grotte. Le restaurant Grotta 11000, creusé dans la roche, rend hommage aux origines les plus anciennes de l’île.
Auteur : Nathalie Truche
Date de publication : 21 avril 2026
Date de la dernière mise à jour : 26 mars 2026