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Toscane : un hameau au coeur de pierre

Dans la province italienne d’Arezzo, en Toscane, la rénovation de trois bâtisses rurales du XIXe siècle célèbre la beauté brute de la pierre et s’entrelace avec le paysage toscan.

Mémoire. L’une des trois bâtisses rénovées accueillait naguère l’habitation des éleveurs et une étable.

Au bout d’un chemin bordé d’oliviers, trois maisons de pierre veillent sur les collines d’Anghiari, petite cité médiévale proche d’Arezzo. Longtemps abandonnées, elles se dressent désormais avec fierté et humilité, après une restauration menée par Rocco Borromini. L’architecte, natif de la Toscane, a voulu préserver l’empreinte originelle de ces édifices vernaculaires tout en leur offrant une vie adaptée au confort d’aujourd’hui.

Des interventions discrètes

Pour ne pas rompre le charme d’antan, le bâti conserve les traces du temps et des pratiques séculaires : les murs, consolidés sans lissage, témoignent du passé ; les charpentes, restaurées ou reconstruites à l’identique, révèlent le chêne vieilli et l’épicéa patiné ; les sols alternent ciment taloché à la main et matériaux bruts. « La pierre, explique Rocco Borromini, est ici un matériau vivant qui respire, réagit à la lumière, porte la mémoire des gestes. » Les trois corps de bâtiments ont été revisités avec sobriété quand tout autour, trois hectares de pelouses, oliveraies et vignes, abritent l’unique ajout majeur : une piscine à débordement.

Du rustique au confort

À l’intérieur, la lumière glisse sur les murs en pierre, se réfléchit sur les enduits à la chaux et révèle les nuances du bois. Les luminaires, choisis avec parcimonie, diffusent une clarté chaude et douce, alternant zones intimes et pièces plus scénographiques. Dans l’habitation principale, la salle à manger s’ouvre sur une cheminée monumentale tandis que les murs exhalent la fraîcheur des constructions d’autrefois. La cuisine illustre parfaitement la philosophie du projet : un îlot central en acier sur mesure côtoie un ancien évier en pierre, les étagères en inox accueillent la vaisselle du quotidien. Plus loin, un escalier suspendu en fer relie désormais les deux niveaux, jadis séparés par une simple trappe.

Ruralité et modernité

La chambre parentale, installée dans l’ancienne étable, garde sa voûte en briques d’origine. La salle de bains en ciment ciré s’organise autour d’une niche horizontale, vestige d’une mangeoire transformée en meuble. Dans la seconde maison, la grange et la porcherie ont fait place à trois chambres lumineuses où les claustras ont été reconstruits à l’identique. Enfin, dans le plus petit édifice, un atelier de céramique et un local technique reprennent la même cohérence constructive : enduits naturels, menuiseries sobres, lumière rasante. Avec cette rénovation d’ampleur, Rocco Borromini compose une architecture où la pierre ne fige pas le passé, mais l’accompagne vers demain.

Silence. À la nuit tombée, la lumière chaude sculpte la pierre et révèle la poésie des volumes.

Vision. Le projet dans son ensemble s’appuyait sur la volonté de respecter les structures préexistantes. Paysage. Habillée de pierre naturelle, la piscine à débordement se fond dans le paysage collinaire.

Remplacement. À la place de l’ancienne trappe, l’escalier suspendu arbore un profilé en fer d’une extrême délicatesse. Réinterprétation. Briques d’antan et îlot sur mesure en acier : l’esprit toscan dans une version industrielle chic. Intemporel. Un vieil évier posé sur des étagères en acier. Au sol, des carreaux de ciment florentins récupérés.

   

Paradoxe. Le lieu s’exprime aussi par l’alternance des textures : fer contre pierre, mur rugueux contre enduit lisse. Cohabitation. Le plafond en vieux chêne et le sol en ciment taloché créent un dialogue subtil entre passé et présent. Continuité. La rénovation combine rustique et contemporain, comme si le temps avait opéré sa propre transformation. Rencontre. Des luminaires design à la silhouette frêle côtoient la pierre brute d’une cheminée massive.

Héritage. Autrefois écurie, la chambre principale conserve ses murs et plafonds d’origine soigneusement restaurés. 

Confrontation. Dans la salle de bains, le sol en résine parfaitement lissé contraste avec les murs affleurants en pierre.

Réhabilitation. Ce vaste bâtiment, autrefois grange et porcherie, abrite désormais trois chambres. 

Texte Nathalie Truche – Photos Marcello Mariana 

roccoborrominiarchitetto.it


Auteur : Nathalie Truche

Date de publication : 5 mars 2026

Date de la dernière mise à jour : 24 février 2026


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