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À Bordeaux, partition à deux tons


À une rénovation succède une autre pour cette famille qui change d’habitation au grès de ses besoins. Ici, un nouveau chapitre s’est écrit dans un hôtel particulier. 

Édifiée au XIXe siècle, la demeure bordelaise abritait un intérieur ancré dans les années soixante. Ludivine Degas, fondatrice de La Maison poétique à Bordeaux, et son époux Stéphane ont alors engagé des travaux d’ampleur au sein de leur nouvelle acquisition. Au premier niveau, l’espace de vie a gagné en volume avec la création d’une véranda venant agrandir la cuisine. Le sous-sol a été creusé et décaissé pour loger la chambre de ces deux amoureux des vieilles pierres : la mise en place d’une grande porte-fenêtre a gommé l’aspect cave en faisant pénétrer la lumière. Sous les toits, la réalisation d’un chien-assis en verre a généré un espace cocon : au creux de l’escalier menant au grenier, se niche un large et confortable canapé.

« L’aménagement extérieur agrandit la maison dans une continuité de style »

Teintes homogènes

Poncé et huilé, le parquet d’origine a retrouvé son panache d’antan. Dans la salle à manger, il arbore un ton très foncé pour contraster avec les autres pièces. Sur les 600 m2 que compte la maison, le parquet d’époque partage la vedette avec des carreaux de ciment neufs. Au risque de lasser les occupants, la couleur n’a pas été conviée dans l’espace de vie : un parti pris que le couple a exprimé à travers une bichromie flagrante. Le blanc recouvre les murs, les plafonds, et le noir se décline sur les portes, le mobilier, les luminaires. Une touche de bois, une pointe d’osier et de rotin apportent leur chaleur tandis que le métal confère une note contemporaine.

« Le parquet d’époque partage la vedette avec des carreaux de ciment neufs »

La tribu au calme

C’est à l’étage, dans le coin nuit, que les couleurs s’invitent plus volontiers. Vert foncé ou rose pastel… la palette de teintes s’égaie pour personnaliser les espaces de chaque enfant. Attachée à un style de vie au naturel, Ludivine Degas a beaucoup puisé dans les meubles et objets qu’elle sélectionne pour sa boutique-concept. La symbiose des matériaux, des teintes et des éléments de décoration a contribué à tisser l’ambiance reposante que recherchaient les deux passionnés d’architecture intérieure

lamaisonpoetique.fr


Bienvenue
Nama de Ay Illuminate, une suspension noire en rotin, accueille les visiteurs à l’entrée de la maison.

Nomade
Quand son mode de vie évolue, la famille choisit un nouveau nid, le rénove à son goût et s’y installe.

Poétique
Au-dessus du parquet en chevrons d’origine, les suspensions de Mark Eden Schooley chez Atmosphère d’ailleurs.

Précieux
Un bouquet de suspensions en laiton signées Tom Dixon auréole ce ravissant espace aux tons dorés.

Extension
La création d’une véranda en métal noir a permis d’agrandir l’espace cuisine.


Détente
Dehors, les suspensions Cinq étoiles en osier ont été repeintes en noir et un banc suspendu a été réalisé en béton ciré.

Harmonie
Entre le tapis Snowdrop et les suspensions Twiggy Egg de Ay illuminate, fleurissent les tables basses Miss Trefle chez Airborn.

Intégration
« Les miroirs habillent les pièces et ne lassent pas », explique la décoratrice. Ici, le modèle Planète chez Kok.

Ethnique
Sur le tapis de Secret Berbère trônent une table en métal faite sur mesure et des chaises AMPM. Lustre chandelier de José Esteve.


Modernité
Ambiance contemporaine dans la cuisine avec ses rangements noirs et l’îlot Ikea en inox. Carreaux de ciment chez La maison poétique.

Lévitation
Prolongeant l’îlot, un bar suspendu en béton ciré. Les fameuses lampes de Bernard-Albin Gras sont éditées chez DCW.

Rétro
Les propriétaires ont conservé la baignoire en fonte d’origine après l’avoir fait re-émailler.

Sobriété
Sur le plan en béton ciré, une vasque pour chaque enfant. Appliques DCW et suspension Ay Illuminate


Texte Nathalie Truche

Photos Anne-Catherine Scoffoni