Sous la lumière de Bâle, la pierre rouge de Patagonie confère à la Fondation Beyeler une identité minérale forte.

Matière. Façade en porphyre rouge de Patagonie de la Fondation Beyeler, près de Bâle en Suisse. Composition. La couleur rouge/bordeaux intense s’explique par la présence d’oxydes de fer dans la roche.
Dans le parc Berower, entre les vignes de Riehen et les lisières de la Forêt-Noire, le musée d’art moderne et contemporain de la Fondation Beyeler se fond dans le paysage. Imaginé par l’architecte Renzo Piano en 1997, ce volume longiligne s’efface presque derrière les arbres centenaires et les prés vallonnés. Pourtant, ce qui accroche le regard, c’est sa matière : le porphyre rouge de Patagonie. Cette pierre volcanique dense, rugueuse, d’un rouge profond, confère au bâtiment un caractère tellurique. Son grain rugueux, ses nuances brunes et pourpres lui donnent la patine d’un édifice ancien, comme si le musée avait toujours été là. À cette massivité minérale, l’architecte a ajouté un toit de verre qui capte la lumière du nord : un contraste entre ancrage et légèreté, entre matière et lumière. Bientôt, l’ensemble s’enrichira d’une extension conçue par Peter Zumthor : trois volumes sobres, en béton de calcaire du Jura, viendront s’insérer dans le parc élargi ; une nouvelle strate d’architecture, plus proche encore de la terre.
Eva Debeppi
© photos Fondation Beyeler
Auteur : Eva Debeppi
Date de publication : 26 mars 2026
Date de la dernière mise à jour : 6 mars 2026