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Israël : donner une identité à une demeure de caractère

L’architecte Jordan Weisberg a engagé un projet d’envergure : la rénovation d’une maison de maître datant de la fin du XIXe siècle, située dans un quartier historique de Tel Aviv


L’immense bâtisse familiale de 300 m² construite sous l’empire Ottoman se répartit sur trois niveaux. Face aux grandes fenêtres en arc d’ogive, aux colonnes et sol en marbre, aux vitraux colorés, le défi consistait à écrire une histoire pour une maison au passé déjà très riche. Pour Jordan Weisberg, originaire de Paris et vivant aujourd’hui à Tel Aviv, « il s’agissait de rendre chaleureuse cette vaste demeure marquée par de grands volumes parfois sévères et peu accueillants. » Dans cette optique, l’architecte a cherché à « gommer l’effet rustique et formel tout en mettant en valeur les qualités intrinsèques et le caractère unique des lieux ».

La maison – principalement traversante – bénéficie d’une belle luminosité à chaque heure du jour. Cet atout a aidé à choisir les couleurs de chaque espace : à l’est, le côté jardin ombragé arbore des teintes opaques et humides ; à l’ouest, le coté terrasse ouvert sur la mer revêt des tonalités plus solaires et sèches, révélant les nuances de rose, orange et or du soleil couchant.

Une demande du client, marchand d’art, a conféré une spécificité au projet : tout en étant conviviale, la maison devait également servir d’écrin à l’impressionnante collection artistique du propriétaire. Jordan Weisberg a alors mis en scène chacune des œuvres d’art de façon à créer un dialogue avec le mobilier qu’il a choisi ou dessiné. Ainsi, le granit bleu d’une table basse répond au rose d’un tableau de Wallen Mapondera, une toile de Sadikou se reflète dans une enfilade USM et dans le coin salle à manger, une tenture de Matthew Lutz-Kinoy invite les convives à s’asseoir autour de la table à manger… Avec ce projet complet mêlant architecture, décoration, scénographie d’œuvres d’art et design, Jordan Weisberg a relevé son défi « : Les grands volumes de cette maison inhabitée depuis dix ans paressaient austères. Aujourd’hui la demeure est accueillante et chaleureuse, je suis parvenu à préserver sa nature tout en rendant compréhensible l’existant. »


Le salon principal de réception est solaire avec une influence méditerranéenne soulignée par des tons naturels de beige et bois.


Le salon de musique contemporain et graphique joue sur des contrastes de noir et blanc.



L’alcôve s’inspire d’une vision fantasmée du Caire et évoque les galeries de portraits très en vogue au XVIIe siècle en Europe.



Situé à l’étage, le coin nuit comprend une suite parentale qui se veut apaisante et douce comme une caresse.  


La chambre de garçon affiche un look moderniste à l’accent japonisant.  


La chambre de la jeune fille invite à une expédition vers la savane africaine et l’univers des princesses.


Déclinée sur le thème de la rivière, la cuisine mêle des lignes strictes et froides adoucies par des éléments plus organiques et sensuels.


Dans la cuisine, les appliques en porcelaine créées par l’agence JWA évoquent à la fois des gouttes d’eau et les rosaces typiques des plafonds d’appartements haussmanniens.


jwarchi.com

Photos Michael Shvadron
Texte Nathalie Truche


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