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Une maison de Craig Ellwood retrouve sa grandeur en Californie

La rénovation par l’agence Woods + Dangaran de la Moore House, conçue par l’architecte emblématique Craig Ellwood en 1965, renoue avec l’excellence du modernisme californien.

Vue panoramique. Une piscine longiligne de 18 mètres a été construite, bordée à la fois d’une terrasse en béton avec un foyer et de palmiers, d’arbres et de plantes, donnant sur le panorama urbain en contrebas.

Craig Ellwood (1922-1992), dont on célèbre les cent ans de sa naissance le 22 avril mais aussi les trente ans de sa mort le 30 mai à l’âge de 70 ans, a souvent été décrit comme le « Mies van der Rohe de la Californie » et le « Cary Grant de l’architecture ». Des surnoms clinquants mais qui démontrent le style de vie de cet homme devenu l’un des principaux instigateurs de l’architecture californienne moderne au mitan du XXe siècle. Pas étonnant que l’agence Woods + Dangaran, basée dans la Cité des Anges, s’est chargée de rénover l’une de ses maisons, conçue en 1965, acquise par des nouveaux propriétaires (un couple marié) qui souhaitaient conserver le cachet originel. Depuis près de dix ans, Brett Woods et Joseph Dangaran font perdurer l’âme moderniste si caractéristique de l’identité culturelle de la Californie via leurs nombreux projets résidentiels. « L’enveloppe de la maison est améliorée pour préserver la longévité de la structure et répondre aux normes de performance contemporaines. », explique le duo.

Entrée. La maison rectangulaire de plain-pied repose sur des fondations en blocs de béton avec des baies vitrées des deux côtés et une ossature en bois de séquoia.

Stylé. Le salon se pare d’un canapé en cuir Arflex d’Umberto Asnago, d’une table basse B&B Italia de Paolo Piva, de fauteuils de Philippe Malouin, de tables en marbre conçues par les architectes et d’un tapis tibétain fait main.

En musique. Dans le salon, la longue étagère de rangements dissimulés fait la part belle aux livres et surtout aux vinyles avec cette superbe et originale platine vintage.

Confort de vie

La Moore House de 160 mètres carrés, sise à flanc de colline dans le quartier de Los Feliz à Los Angeles, redonne ainsi vigueur à la signature Craig Elwood dans une restauration extérieure et une rénovation intérieure des plus soignées. Une belle célébration donc de ce courant avant-gardiste d’après-guerre via sa forme rectiligne, ses espaces ouverts, ses baies vitrées et même son étang de carpes koï qui a été conservé. Les ajouts de la piscine et la terrasse en béton renchérissent la vue sur l’aire métropolitaine de Los Angeles. La maison comprend un espace salon, salle à manger et cuisine décloisonné, une suite principale et une chambre d’amis avec leurs salles de bains respectives. Le tout dans un mélange bien pensé de mobilier moderniste et contemporain. L’utilisation des matériaux naturels l’est tout autant, avec le teck birman aux tons miel, les carreaux de céramique aux teintes terre, le verre nervuré, les marbres foncés et le granit noir. Tout fonctionne de concert pour sublimer cet art de vivre au XXIe siècle.

Convivial. La salle à manger attenante au salon est dotée d’une grande table signée Rummler et de chaises en acier et cuir de la collection Wire d’Overgaard & Dyrman. Au-dessus, un luminaire à contrepoids de Florian Schulz.

Bien-être. Le teck de la chambre principale a été utilisé pour le revêtement mural. Le Lit, la tête de lit et les tables de chevet sont conçus par Woods + Dangaran. L’iconique fauteuil Eames magnifie l’ensemble.

Puits de lumière. La douche de la salle de bains principale est revêtue de carreaux de bronze métallique d’Ann Sacks, avec un sol en marbre poli de Verde Borgogna.

En harmonie. La salle de bains des invités dévoile un comptoir en marbre Emperador foncé et un mur de carreaux de porcelaine japonaise. La lumière filtre par une lucarne et deux suspensions de Frank Ligtelijn.

Bassin d’ornement. Des escaliers en bois mènent à la demeure, ornée d’un étang de carpes koï d’origine au sein d’une belle végétation environnante.

www.woodsdangaran.com

Crédits photos Joe Fletcher
Texte par Nathalie Dassa


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