Invité d’honneur du Salon Maison & Objet en janvier 2026, Rudy Guénaire, fondateur du studio Nightflight, signe la Suite 2046 ; une expérience immersive et poétique qui repense l’hôtellerie de demain. Rencontre avec un architecte d’intérieur qui replace l’émotion au cœur de son travail.

Regard. Rudy Guénaire, fondateur de Nightflight Studio, adore voyager. Il porte son regard critique sur le monde de l’hôtellerie.
Comment est née l’idée de la Suite 2046 ?
J’avais envie de créer la chambre du futur, mais sans technologie. Une chambre comme si elle avait toujours été là. J’ai écrit ces quelques mots sur les murs : « Les années ont passé et on fait toujours aussi bien l’amour dans une chambre d’hôtel ». C’est une façon de dire que les choses essentielles ne changent pas : le désir, la contemplation, le confort.
Pourtant, votre chambre du futur interroge notre rapport au monde…
Oui car j’ai l’impression que les vrais luxes de demain seront les horizons purs. Dans la Suite 2046, j’ai imaginé trois horizons fantasmés : les étoiles, parce qu’on les a oubliées ; la jungle, notre paysage primordial et les nuages, ce moment suspendu en avion. Ces fenêtres imaginaires ouvrent sur ce qu’on ne voit plus.
D’où vient le nom Suite 2046 ?
C’est un clin d’œil à Wong Kar-Wai, réalisateur chinois et à l’un de ses films sur la mémoire et le désir.
Quelle expérience vouliez-vous provoquer ?
Je voulais que les visiteurs restent, rêvent et se perdent un peu. Dans certains hôtels, on traverse les chambres sans rien ressentir. J’aime quand un lieu fait remonter des sensations. J’ai expérimenté des hôtels merveilleux, comme en Egypte, où la bougie remplace l’électricité. L’ombre, le sel, la chaleur : tout devient expérience.
Quelle idée du futur exprimez-vous à travers ce projet ?
Cette chambre est une utopie douce : elle parle de futur, mais célèbre l’intime, le sensible. Le futur, c’est peut-être simplement l’envie de rêver encore dans une chambre d’hôtel.

Horizons. Dans la Suite 2046, exposée au salon Maison & Objet de janvier 2026, le regard se pose sur les matières, la douceur des draps froissés, le grain du bois, la délicatesse d’un vase, la beauté des fleurs fraîches.

Échos. Le lit, volontairement centré, est un cocon suspendu entre rêve et réalité.

Savoir-faire. Aucun objet n’est en plastique. Les verres sont soufflés à la main par une manufacture française. Chaque détail raconte, un geste, une main, une lenteur retrouvée.
Propos recueillis par Eva Debeppi. Photos Anne-Emmanuelle Thion
Auteur : Eva Debeppi
Date de publication : 28 avril 2026
Date de la dernière mise à jour : 26 mars 2026