À Martelange, sur une ancienne terre d’extraction de schiste en Belgique, l’atelier d’architeture Pierre Hebbelinck signe une bâtisse minérale, à la lisière de deux pays.

Pentu. Ancrée dans la déclivité du terrain, la maison s’efface partiellement dans le paysage, laissant la pierre affirmer sa présence.
Au bord de la Sûre, au sud des Ardennes belges, la Maison Schaap (du nom des propriétaires) s’inscrit dans un repli naturel, à quelques mètres du Luxembourg. Dans ce paysage boisé classé Natura 2000, Pierre Hebbelinck a ancré son projet dans le sol, au sens propre comme au figuré. Une parcelle de 17 hectares et une mémoire géologique : ici la pierre noire locale, le schiste, n’est pas un simple revêtement. Elle est l’empreinte du lieu, point de départ du projet. « C’est un endroit fortement lié à l’extraction du schiste, à la mémoire de cette pierre noire que le site a produite pendant des siècles », confie l’architecte. La maison semi-enterrée épouse la pente abrupte et capte la lumière du nord. Le schiste, taillé, brut ou scié, en habille les murs, jouant des contrastes avec la transparence de la façade en verre et la nature environnante.
La matière sous nos pieds
Le noir profond du schiste insuffle à l’ensemble une puissance visuelle, une présence forte. « C’est une pierre qui raconte. Elle nous relie à l’histoire géologique, mais aussi humaine », souligne Pierre Hebbelinck, primé par l’Académie d’architecture en 2024 pour l’ensemble de son oeuvre de restauration. Si l’intérieur s’ouvre généreusement vers le paysage, le coeur du projet reste minéral : le sol, les murs, les détails, tout converge vers cette pierre, choisie pour son pouvoir d’évocation, sa densité. Le site avait sa matière, l’architecture en a révélé la mémoire.
© François Brix
Eva Debeppi
Auteur : Eva Debeppi
Date de publication : 2 avril 2026
Date de la dernière mise à jour : 26 mars 2026