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Les fantasmagories picturales de Denis Frémond

L’artiste peintre havrais nous invite à se perdre dans des lieux imaginaires et oniriques portés par une solitude sereine et l’immensité des songes. Des toiles magnifiques qui réinventent un idéal très art déco.

Juan-les-Pins 1964 © Denis Frémond

Les œuvres de Dénis Frémond semblent vouer à ne jamais se ressembler, comme une quête infinie de styles et d’ailleurs. D’abord dessinateur de presse et auteur de bandes dessinées pour Pilote, Charlie Mensuel, L’Écho des savanes, Dargaud ou encore Les Humanoïdes associés, ce natif du Havre de 71 ans n’a eu de cesse de reprendre le chemin de sa passion première : la peinture. Depuis plus de trente ans, cet artiste éclectique nous invite à pénétrer dans ses mondes à l’esthétisme rétro du début du XXe siècle, convoquant dans une atmosphère musicale, artistique et littéraire Edward Hopper, George Gershwin, Maurice Ravel, Cole Porter, Rainer Maria Rilke ou encore Saint-John Perse. Villa en bord de mer, penthouse new-yorkais, brasserie parisienne… ses lieux très cinématographiques sont comme « des représentations idéales de la contemplation » où planent un mystère permanent et cette nostalgie du temps passé.

Au cœur des songes

Les espaces intérieurs et extérieurs sont ainsi faits de longues perspectives qui se fondent dans des bleus, des verts et des marrons intenses. Entre levers et couchers de soleil, l’artiste joue avec la profondeur, les textures, les flous et les reflets où émergent des plages immaculées, des terrasses et piscines majestueuses, des gratte-ciels perdus à l’horizon. Au cœur, ce même personnage solitaire en chemise blanche, qui vaque à ses occupations méditatives. Derrière les titres des séries, déjà évocateurs, se content d’ailleurs souvent des histoires, qu’on imagine bercées par le bruit des vagues, par celui des pages de livres qui se tournent ou par des notes au piano. De la même manière, certaines toiles se répètent à l’envi comme des variantes de rêves récurrents pour laisser filtrer, à des heures différentes, une palette de couleurs et une lumière diffuse dont les rayons caressent le mobilier et les architectures au style art déco. C’est ainsi à une véritable poésie des environnements que nous convie cet artiste peintre pour une plongée onirique dans des moments d’intimité picturale pétrie d’élégance.

La sépulture de St John Perse II – Sentimental crowd – Le Livre de La mer – Since I’ve been loving you – Lost génération II – La Belle Époque – Décor pour Portnoy transfer – Courtesy Galerie Ariel Jakob ©Denis Frémond

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Nathalie Dassa


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