Volumes restaurés, couleurs affirmées, mobilier signé… À Oussoy-en-Gâtinais, un ancien domaine de chasse s’affranchit des codes de la maison de campagne.

Spirale. Vêtu d’un béton ciré Marius Aurenti, le magistral escalier hélicoïdal à la finition rouge mène aux suites.
Parés de briques et de pierre, un château du XVIIIe siècle et ses dépendances – jadis relais de chasse – s’inscrivent dans la plus pure tradition architecturale solognote. Aujourd’hui, la propriété de 90 hectares accueille Momoamo, un concept imaginé comme un refuge à mi-chemin entre maison de campagne et hôtellerie confidentielle. Situé à Oussoy-en-Gâtinais, à environ 1 h 30 de Paris, l’endroit s’adresse aux particuliers et aux entreprises en quête d’inspiration et de dépaysement. Sous la houlette de l’architecte Thibaut Picard, la recomposition globale du site a exigé d’importants travaux de réhabilitation. Le domaine, jusqu’alors alimenté uniquement par une source, découvre le confort de l’eau courante, tandis que le renforcement de charpentes bicentenaires répond désormais aux normes actuelles.
La tradition bousculée
À l’origine du projet, l’entrepreneur Olivier Ramel souhaitait s’affranchir des clichés de la maison de campagne. Adieu papiers peints Liberty, toile de Jouy et ambiances rustiques attendues. Chaque univers affirme aujourd’hui sa personnalité grâce à une réflexion minutieuse sur les couleurs, les matières et la lumière. Dans les espaces communs, Thibaut Picard ose les teintes franches. Les salons et les escaliers se parent notamment de plafonds laqués prune qui apportent profondeur et caractère. Les chambres, plus apaisées, déclinent une palette de verts et de bleus relevée par quelques accents plus soutenus sur des poutres et détails architecturaux. Puisé dans différentes périodes du design du XXe siècle, le mobilier fait coexister pièces iconiques et créations contemporaines. Le clou du spectacle se joue au bar : l’architecte a ouvert le plancher de l’étage supérieur afin de mettre au jour la charpente d’origine. Dans ce volume généreux, une majestueuse bibliothèque-cabinet de curiosités rassemble désormais livres, oeuvres d’art et objets singuliers. Une réalisation fidèle à l’esprit Momoamo, qui invite autant à la rêverie qu’à l’échange.

Contraste. Une dichotomie s’installe entre les façades extérieures des dépendances et les intérieurs très contemporains.



Détail. Au-delà de l’architecture, la sélection minutieuse d’oeuvres d’art et d’objets participent à l’atmosphère générale. Design. Les lumineux fauteuils Alky de Giancarlo Piretti pour Anonima Castelli côtoient les intrigantes appliques Ginger de Joan Gaspar chez Marset. Rondeurs.Un bond dans les seventies avec les fauteuils Orsola de Gastone Rinaldi chez Tacchini.

Chaleur. Devant la cheminée vêtue d’inox, le canapé modulaire Array conçu par Snøhetta pour MDF Italia.

Rêverie. L’ouverture du plafond pour laisser apparaître la charpente a libéré un volume généreux où s’élève désormais un majestueux cabinet de curiosités.


Patrimoine. Depuis le XVIIIe siècle, plusieurs familles se sont succédé dans ce château et ses dépendances servant de relais de chasse.Caractère. Véritable parti pris décoratif, la teinte prune laquée magnifie les volumes et transforme la perception des espaces. Graphique. Le carrelage signé Mosa et les murs en aluminium réfléchissant accompagnent le parcours vers la salle à manger.

Bienvenue. Dans l’entrée, le carrelage Mosa déploie ses motifs géométriques dans une palette mandarine qui fait écho à l’escalier.


Surprise. Tous les accès aux salles de bains et toilettes sont dissimulés : soit en revêtant des miroirs, soit en arborant la physionomie des portes de placard.

Identité. L’espace bain de la Master Suite présente un jeu de calepinage qui contraste avec la sérénité de la chambre.
thibautpicard.com, momoamo.com
Photos Didier Delmas