Surélevée face à la mer, en Floride, la résidence Van der Vlugt incarne l’héritage architectural de Sarasota. Une prouesse où béton brut, régulation passive et lignes sculpturales défient les éléments.

L’ancrage surélevé de la résidence Van der Vlugt combine roche corallienne et pilotis en béton.
Situé à l’extrême sud de la Floride, entre Miami et Cuba, l’archipel des Keys égraine ses îles coralliennes le long d’une spectaculaire route posée sur l’océan Atlantique. C’est sur ce territoire unique que se dresse la résidence Van der Vlugt. Conçue par le cabinet Strang, basé à Miami, cette réalisation offre un havre serein en symbiose avec son paysage, tout en répondant aux urgences climatiques actuelles.
La leçon des pionniers
Le projet puise sa force dans l’héritage de l’École d’architecture de Sarasota. Né sur la côte ouest floridienne dans les années quarante, ce mouvement moderniste régionaliste privilégiait l’adaptation au climat subtropical, la ventilation croisée, les débords de toit généreux et une fusion totale entre intérieur et extérieur. La résidence Van der Vlugt réinterprète ces principes fondateurs d’adaptation environnementale et d’expérimentation des matériaux pour répondre aux contraintes du XXIe siècle.
Dompter la mer
Afin d’anticiper la montée du niveau de la mer et les éventuelles ondes de tempête, la demeure s’érige à 3 m au-dessus du sol. Ancrée sur de robustes colonnes en béton, elle déploie un spectaculaire porte-à-faux de 15 m et prend appui sur une berme préexistante. Cette prouesse technique confère à l’ensemble l’allure d’un volume flottant, habillé de persiennes stratégiques qui captent le soleil tout en projetant des jeux d’ombres poétiques sur les structures.
Fraîcheur naturelle
L’entrée débouche sur un spectaculaire escalier en colimaçon revêtu de microciment gris froid. Véritable joint architectural, l’ouvrage marque la jonction précise entre la courbure du bâtiment et son axe principal, épousant le dessin du rivage. De grands vitrages allant du sol au plafond inondent les pièces de lumière naturelle, tout en tirant parti des persiennes pour assurer une régulation climatique passive et préserver la fraîcheur des lieux.
Brutalisme poétique
L’identité visuelle de l’édifice repose enfin sur une remarquable continuité matérielle. Le béton coffré à la planche franchit la frontière de la façade pour s’inviter à l’intérieur. Dans la bibliothèque, sa texture brute crée un contraste saisissant avec les lignes fluides d’un meuble blanc incurvé. La résidence Van der Vlugt démontre qu’une maison d’exception peut affronter la montée des eaux sans sacrifier l’élégance.

Cet agréable recoin forme un vestibule à ciel ouvert en guise d’entrée principale.

Les grands vitrages laissent passer la lumière tandis que les persiennes orientables offrent un rafraîchissement naturel.

Un escalier en colimaçon sculptural sert de rotule structurelle au cœur du bâtiment.

Un bureau baigné d’une atmosphère paisible, propice au travail comme à la contemplation.

L’aménagement intérieur est signé de Slokkers Design.

Dans la suite parentale, une salle de bains d’exception entièrement vitrée, en immersion totale face à l’océan.


Dehors, un espace salon-salle à manger s’abrite sous un volume suspendu de la maison.

Sur cette terrasse couverte face à l’océan Atlantique, les persiennes créent un jeu graphique d’ombres et de lumières.

Le dispositif de brise-soleil et les débords de toit généreux protègent les façades de la chaleur.




L’architecte Max Strang et le propriétaire Will Van der Vlugt sous le porte-à-faux de 15 m.

L’enveloppe extérieure en béton brut conserve volontairement les marques du coffrage en bois.

La bâtisse s’élève à 3 m du sol pour affronter la montée des eaux et les vagues causées par les cyclones.
Crédit photo : Ryan Lester/Architecture Sarasota et Kris Tamburello