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Matthieu Venot, une vision idéalisée de la réalité

Le photographe brestois sublime l’architecture dans ses moindres détails dans des clichés doux et colorés entre géométrie et graphisme, figuration et abstraction.

Cannes © Matthieu Venot

Tout est souvent une question de point de vue, de perception sur le monde qui nous entoure. C’est tout l’art de cet ancien musicien et ingénieur du son, devenu à 35 ans ce photographe à la vision singulière. Matthieu Venot aime faire ce petit pas de côté. C’est ainsi qu’il a démarré, en immortalisant sa Brest natale sous un jour nouveau. Ses images de la Cité du Ponant deviennent pour le regardeur une Cité des Anges à nulle autre pareille. Depuis maintenant huit ans, il déploie cette approche de ville en ville : en France (Dunkerque, Noirmoutier, Montpellier, Cannes, Corse, Paris…) et à l’étranger (Lisbonne, Beijing, Miami…). Ses séries jouent à merveille avec la géométrie des espaces, les lignes, les aplats, les angles, les effets de lumière et les influences picturales. Une vision épurée, fantasmée et idéalisée des lieux, nourrie d’une palette de couleurs pastel très douce au regard. En toile de fond, toujours ce ciel bleu azur dépourvu de cumulus, qui vient napper le cadre et le paysage pour mieux refléter cet idéal où il fait bon vivre.

L’extraordinaire dans l’ordinaire

Son portfolio sublime ainsi l’interaction entre la nature et les espaces urbains, zoomant sur les détails et autres fragments d’architecture (escaliers, lampadaires, colonnes de balcons d’immeubles, feux de circulation…). Poésie, onirisme et désir d’évasion se dégagent de ses clichés, brouillant les frontières entre photographie et graphisme, figuration et abstraction. Un minimalisme qui a tapé dans l’œil du rappeur californien Tyler the Creator en 2018, s’offrant l’un de ses visuels (N°01), tiré de la série Illusions, pour la pochette de son remix de Kids See Ghosts, Crust in Their Eyes. S’en est suivie une collaboration éditoriale pour GQ Style. En 2020, il a présenté à la Bibliothe?que universitaire de Bretagne une fresque de 22 mètres de long, composée de 799 photographies rangées par couleur, offrant « une réflexion sur notre consommation d’images ». Le photographe quadragénaire continue ainsi de donner une nouvelle dimension esthétique à son œuvre pour une psychologie du bien-être architectural qui révèle toute la beauté dans la banalité.

N°01, Illusions, 2018 – N°02, Dialogue, 2020 – N°07, Dialogue, 2020 – N°01, Who Want Sky, 2015 – N°02, Urban Nautilus, 2015 – N°04, escalier à Brest – Sans Titre IX, série Faded Glory – N°18, Dialogue, 2020 – Cannes © Matthieu Venot

https://www.matthieuvenot.fr/

https://www.instagram.com/matthieuvenot/

Nathalie Dassa


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