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Jean-Marie Brial, directeur de Courier

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Centre commercial Courier à Annecy

Le Centre commercial Courier, géré par le groupe Klépierre, a accueilli le 12 novembre dernier son nouveau directeur, Jean-Marie Brial. Rencontre.

Traits?D’co?: Quelle est la vocation du groupe Klépierre ?

Jean-Marie Brial : Notre cœur de métier est la gestion du patrimoine immobilier commercial. A Annecy, le projet de Courier a été élaboré par les élus, nous l’avons réalisé et le gérons. Notre objectif est de proposer une belle offre à la clientèle et de dynamiser le centre-ville. Nous sommes des investisseurs, des gestionnaires, pas des promoteurs.

Comment avez-vous intégré Klépierre ?

Dans le cadre de mes fonctions de responsable « communication-marketing » à la Fnac de Bordeaux, j’avais l’occasion de collaborer régulièrement avec le directeur de Klépierre du centre commercial où se trouvait la Fnac. Le jour où il m’a dit « Je te verrai bien directeur de centres commerciaux », j’ai commencé à m’intéresser aux missions du groupe. En 2005, j’ai suivi une formation Klépierre à Montpellier. Au bout d’un an et demi, j’ai été nommé directeur du pôle niçois qui comptait quatre centres commerciaux. En 2010, j’ai eu une promotion sur le pôle lyonnais avec cinq centres à gérer. Depuis 2013, en complément de Lyon, je suis également responsable d’Annecy.

Quelle première impression vous a donné le centre Courier ?

J’ai eu un réel plaisir quand j’ai découvert Annecy. J’y suis venu en touriste, sans imaginer que je serai là trois ans plus tard. Esthétiquement, Courier est une belle alchimie : des courbes, un vitrage pas trop pesant et une ligne ponctuée par une pointe qui tend la main à Carnot pour inviter à entrer dans le centre. J’ai trouvé l’offre globale très intéressante avec un vrai parcours de rues commerçantes et de rues historiques, jalonné par une partie ouverte et une partie fermée : des galeries Lafayette à Courier en passant par la rue Carnot jusqu’aux canaux, j’ai été charmé !

« J’ai été charmé par Annecy »

Quel est votre rôle à Courier ?

J’ai un rôle de coordinateur. De mise en sécurité tout d’abord, afin que le client soit accueilli dans les meilleures conditions, qu’il se sente en confiance. Ensuite, nous proposons une offre merchandising et enfin, en tant que propriétaires, nous louons les locaux aux enseignes. Une fois que tout l’ensemble est bien coordonné, nous en assurons la promotion. Ces trois missions sont à la fois bien distinctes et complètement liées les unes aux autres car elles placent le client au cœur du processus.

Comment faire face à l’achat en ligne ?

Justement, par notre offre, comme la carte cadeau ou encore, par la modernisation de nos sites web. Aujourd’hui, les sites qui se contentent de fournir les horaires ou les offres d’emploi sont  dépassés. Si je cherche un sac à dos sur internet, je dois savoir où le trouver à Courier. Oui, il y a une fuite vers l’achat en ligne, mais il faut apporter un vrai service afin de ramener ce flux dans la galerie. Obtenir ce lien entre le web et la boutique est notre axe de travail. Par exemple, lorsque nous faisons de la promotion sur Facebook ou sur internet et qu’une enseigne nous donne son lien web pour faire uniquement du commerce sur internet, on ne prend pas. Si en revanche, comme à la Fnac, ce lien permet de commander et de venir chercher le produit en magasin, nous acceptons. Les enseignes qui ont mis en œuvre cette pratique ont noté un chiffre additionnel à l’achat d’internet qui avoisinait 30 à 40 %. Plus nous allons vers la dématérialisation, plus les gens vont avoir envie et besoin de ce contact humain. La preuve, nous avons un très bon retour du service accueil où les hôtesses sont très sollicitées. Il faut absolument avoir ce complément, travailler ce binôme.

Avez-vous un mot à dire sur les boutiques de la galerie ?

D’une manière globale, nous devons être en harmonie avec le développement économique de la Ville et à ce titre, proposer une offre complète. Que faire si une enseigne veut partir et une autre arriver ? Parce que Courier a la chance d’être très demandé. Comment également, faire évoluer les choses de manière intelligente ? Notre objectif est que tout se passe bien avec tout le monde mais on ne peut pas conserver des concepts trop anciens.

Et si le concept ne correspond plus aux attentes de Courier ?

On travaille ensemble, on négocie. Tout commerce entre 5 et 7 ans doit savoir se renouveler.Par exemple, Sport style souhaitait s’exprimer différemment. Après discussion, l’enseigne – qui reste notre locataire – s’est installée sur la place, côté Carnot. Cela nous a permis de restructurer cet espace et de pouvoir faire une offre à Zara qui cherchait plus de mètres carrés. Et trouver une surface de 2200m2 en pleine ville n’est pas chose aisée. C’est un travail d’équipe – avec les commerçants, la Ville, Zara et nous – qui a permis de finaliser ce beau projet. Dans le cadre de notre mission de bailleur, de communication et de marketing, notre but est que le client trouve satisfaction et que le commerçant fasse du commerce. Nous faisons tout pour contribuer à cette dynamique. La carte cadeau, mise en place depuisoctobre 2013, a aussi demandé des mois de réflexion, de communication et de travail pour que tout le monde adhère au projet et le résultat est très positif.

Quels sont les points faibles de Courier ?

Il y a quelque chose que j’aimerais faire évoluer suite à des remarques de visiteurs qui me disent : « Vous comprenez, dans la galerie, vous avez des fauteuils mais on n’a pas le droit de manger alors que vous vendez des sandwichs. » Après réflexion, je me suis dit que ce n’était pas faux. 98 % des gens vont manger proprement. On ne va pas pénaliser l’ensemble de notre clientèle qui vient consommer chez nous, sous prétexte qu’un ou deux vont salir. C’est une pratique que j’ai envie de faire évoluer en mettant par exemple en place du repos court : des types de fauteuils qui répondront à cette problématique de pause-déjeuner rapide. Voilà, il faut trouver des petites solutions à des petites choses perturbatrices.

Que proposez-vous au rayon des nouveautés…

Il y a des projets… Mais il est prématuré d’en parler car nous sommes en train de les construire. La concurrence est là, nous ne pouvons donc pas tout dévoiler… Ce que je peux dire c’est que nous avons une très belle galerie, lumineuse, agréable, confortable, mais qui a 12 ans. Il est peut-être temps de lui donner un coup de jeune, du peps. Nous voulons être dans le premium, dans le « plus-plus » au niveau du service client. L’innovation, la nouveauté… C’est l’esprit vers lequel nous nous orientons.

Que vous apporte l’organisation d’événements ?

Les commerçants gèrent le volet événements et communication en fonction de leur budget. Il s’agit donc de se poser toujours la question : on fait quelque chose, mais pourquoi ? Pour les clients d’abord, mais aussi pour les commerces. Il ne faut pas faire pour faire, il faut qu’il y ait une âme. Quand Annecy reçoit des événements forts comme le festival international du film d’animation avec de surcroît, Décavision qui draine du monde, nous travaillons tous ensemble. Le partenariat IF3* par exemple, se décline à travers des stands, des activités et des articles ayant tous un rapport avec le sport afin de créer une interactivité, un lien. Courier est placé au cœur d’Annecy et participe donc à la citoyenneté en s’associant aux événements de la ville. Avec 8 millions de visiteurs par an, on peut dire que c’est un vrai lieu de passage. Ainsi, lorsqu’avec la mairie nous abordons le thème du développement durable, que pouvons-nous faire de mieux que de monter une opération sur le tri sélectif ou la mobilité ? Sur des usages sains et citoyens ? Les gens sont là, autant en profiter pour leur faire passer des messages citoyens.

*Festival international du film de freeski

Centre Commercial Courier
65 rue Carnot
74 000 Annecy
04 50 46 46 76
www.centre-courier.com
www.facebook.com/courier.annecy

Evénements à venir

du 28 avril au 10 mai 2014 – Accrobranche & mur d’escalade
du 2 au 14 juin 2014 – Festival International du Film d’Animation
du 22 septembre au 4 octobre 2014 – IF3 / THE REELS

Recueilli par Louise Raffin-Luxembourg


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