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Jacques Labro « Avoriaz, l’œuvre de toute une vie! »

Jacques-Labro-Avoriaz


Architecture à Avoriaz avec Jacques Labro

À 80 ans, Jacques Labro, l’architecte historique d’Avoriaz, poursuit ses projets dans la station haut-savoyarde. Réputé pour avoir révolutionné le bâti en montagne, l’inventeur de l’architecture mimétique a influencé de nombreux architectes.

Un immense espace vierge et l’enthousiasme débordant des deux initiateurs (Jean Vuarnet et Gérard Brémond), c’est ce qui a plu à Jacques Labro, lorsqu’il a été sollicité pour dessiner la station d’Avoriaz. L’œuvre de toute une vie, même s’il a signé d’autres réalisations à la montagne (La Tania, Courchevel…) et à Paris. «Il y avait tout à inventer, c’était magique et unique!», se souvient l’architecte, qui, 50 ans après, poursuit la création d’équipements et étudie le projet d’un nouveau quartier extra-muros.

L’architecture mimétique ? «Pour moi, ce n’était pas nouveau. Je n’ai fait que concrétiser ce que j’avais dans la tête depuis très longtemps, et que j’avais déjà esquissé sur le papier», explique Jacques Labro qui s’était très jeune affranchi des codes de l’époque dictés par Le Corbusier. In­fluencé par Alvar Aalto et Hans Scharoun, fervents adeptes de l’expressionnisme et de l’architecture organique, il crée un style (son style), imagine une station comme aucune autre, hérissée de constructions en forme de pyramides qui font corps avec la montagne, dont les façades habillées de tavaillons en cèdre rouge se confondent avec le bois et la pierre. «On a même créé le porte-neige, un plateau de planche placé au-dessus de la toiture destiné à recevoir la neige et à la laisser glisser pour éviter la formation de glace», explique l’architecte. Et si certains bâtiments sont, selon lui, moins bien maîtrisés que d’autres – du fait de la pression commerciale et économique –, le résultat lui paraît de bonne cohérence.

Quand on demande à Jacques Labro quel regard il porte sur l’habitat en montagne, il déplore le manque d’inventivité?: «Il existe beaucoup de réalisations très quelconques parce qu’elles n’expriment pas la montagne dans sa quintessence. On oublie encore trop souvent d’intégrer le bâti dans ses dimensions géographique et culturelle.»

Recueilli par Patricia Rey 

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