Tunnels, voûtes, bassins et percées lumineuses théâtralisent cette singulière maison-grotte inspirée de la géologie de Yucatàn.

Céleste. Au deuxième niveau, un rooftop tutoie la canopée. Idéal pour observer les étoiles à la nuit tombée.
Dans le quartier de Sisal à Valladolid, la demeure imaginée par les architectes Salvador Román et Adela Mortera reproduit la logique des formations géologiques qui sculptent le sous-sol de la péninsule. Les grottes, les cavernes et les célèbres cénotes de la région allient porosité, fraîcheur et obscurité avant d’émerger soudainement vers la lumière. La bâtisse reproduit cette dramaturgie de l’espace à travers des volumes qui se contractent et se déploient progressivement. Un álamo marque le seuil de la propriété. Dans la tradition maya, cet arbre signale la proximité de cavités souterraines et de points d’eau. Sa présence totémique introduit un vestibule à ciel ouvert agrémenté d’un bassin, faisant de l’entrée un rite de passage. Un tunnel mène ensuite au coeur du foyer : une pièce à vivre semi-ouverte par une voûte, avec coin repas, hamac et piscine en demi-lune.
L’éloge de l’ombre
Au rez-de-chaussée, la disposition privilégie la relation avec la nature environnante. La première chambre donne sur une terrasse privative ornée de sculptures quand la suite principale s’ouvre sur une cour aménagée autour d’une fontaine cylindrique. Dans cet atrium, trône un flamboyant dont la canopée filtre les rayons du soleil, faisant danser les ombres sur les murs. Fidèle à la nudité des paysages calcarifères, la palette de matériaux se distingue par sa sobriété tandis que les teintes puisent uniquement dans les nuances rocheuses, comme ces façades en béton pigmenté de vert-gris. À l’intérieur, le cèdre et des accessoires dorés évoquent la flore locale et les trésors minéraux du Yucatán. L’omniprésence des végétaux ne cherche pas à adoucir le béton mais à mettre en scène les perspectives et les jeux de lumière, rehaussant la poésie de cette étonnante maison-grotte.

Détente. La pièce principale de la maison-grotte : un atrium à ciel ouvert avec hamac, piscine et coin repas.

Massif. La teinte vert-de-gris se retrouve sur cet escalier en béton au profil monolithique.

Havre. Au coeur de la maison, un espace ombragé par une voûte invite à savourer la fraîcheur de la piscine.

Zénitude. Menuiseries en cèdre et touches dorées ponctuent cette chambre avec sommier et tête de lit en béton.


Imparfaite. Miroir asymétrique, suspension laiton, robinetterie dorée dans cette salle de bains à l’esthétique brute.

Animation. Tout au long de la journée, la lumière traverse le feuillage et fait danser les ombres sur les murs. Organisation. Des tunnels mènent à des espaces baignés de lumière naturelle : la compression avant l’ouverture.

Fil conducteur. La salle à manger reprend le langage minéral de la maison avec ses façades en béton pigmenté de vert grisé. Percée. Traversant le plafond, un arbre préservé lors du chantier crée un lien entre architecture et nature.

Identité. Îlot en bois de récup’, suspensions en laiton et surfaces texturées composent une cuisine au caractère affirmé.

Spacieuse. Plus grand volume de la maison, la chambre principale dispose d’une cour aménagée autour d’un bassin circulaire.
Photos Fabian Martinez