Perchée au-dessus du lac Xavier dans les Laurentides, au Québec, cette demeure blanche fait rimer son architecture fragmentée avec l’environnement, épousant pleinement la forêt et les dénivelés.

Relief. Grâce à ses spectaculaires avancées en porte-à-faux, la résidence conçue par le cabinet MU Architecture, épouse la forte pente du terrain.
Sur la municipalité québécoise de La Conception, la résidence Albatros surplombe le lac Xavier, que la loi a mis sous cloche, promesse d’un paysage préservé. Pour contourner la forte pente du terrain des Laurentides et esquiver l’impact d’un bloc massif, le cabinet MU Architecture a privilégié une composition déstructurée. Vue depuis l’accès principal, la demeure masque son ampleur réelle derrière des façades borgnes et sobres. La perspective depuis le lac révèle ensuite un assemblage de volumes blancs aux toitures multiples. De grandes avancées en porte-à-faux dessinent une silhouette rétrofuturiste aux accents nautiques, conçue pour se fondre dans le manteau neigeux durant l’hiver.
Du lever au coucher
Au rez-de-chaussée, la pièce à vivre accueille jusqu’à douze convives autour d’une longue table en bois qui jouxte deux îlots monumentaux aux contours asymétriques. Alors que le salon savoure le lever du jour avec sa terrasse orientée Est, un second extérieur, équipé d’une cuisine d’été, prend le relais pour accompagner les couchers de soleil. Au-dessus de cette travée principale, l’étage s’érige en un module suspendu entièrement dédié au calme et à la contemplation du panorama. Pensé comme un refuge privé pour les propriétaires, ce niveau réunit bureau, lieu de méditation et coin lecture avec cheminée. Plus bas, le rez-de-jardin abrite les quartiers des enfants et des invités. Cet univers récréatif combine des suites individuelles, un dortoir, des salles de sport, de cinéma et de bien-être.
Chaleur sur mesure
Au sein du foyer, la richesse des essences de bois contraste avec la blancheur du revêtement extérieur. L’aménagement sur mesure – bibliothèques intégrées, rangements invisibles et éléments de mobilier sculpturaux – prolongent les lignes du bâtiment. Les variations de hauteurs sous plafond et les jeux de parois ajourées font alterner espaces majestueux tournés vers l’horizon et alcôves intimes habillées de textures enveloppantes. Fruit d’un dialogue étroit entre les concepteurs et les propriétaires, la maison incarne un modèle d’intégration architecturale, mariant l’audace des formes à la chaleur des intérieurs.


Insertion. Les paliers surélevés pourvus de grandes ouvertures favorisent l’intégration du bâtiment dans les Laurentides.

Arrivée. Discrétion absolue depuis l’accès principal où des façades borgnes préservent l’intimité des habitants.

Surplomb. L’étage supérieur en encorbellement abrite la Master suite, un bureau, une zone de méditation et un dressing.


Convivialité. Jusqu’à douze convives peuvent s’attabler dans cet espace de rassemblement chaleureux.

Asymétrique.La cuisine s’organise autour de deux îlots sculpturaux dont les lignes irrégulières fluidifient la circulation.

Transparence. Portée par une base minérale gris clair, la cheminée vitrée s’élève sous un manteau d’une blancheur immaculée.

Spectacle. Réchauffé par un foyer suspendu, le coin nuit de la suite parentale s’ouvre sur le paysage préservé du lac Xavier.

Récréation. Au niveau inférieur, deux suites complètes et un dortoir de quatre lits superposés accueillent enfants et invités.

Suspendu. La salle de bains offre un moment de détente absolue avec vue sur le couvert végétal.

Détente Habillé de bois et de verre, l’espace bien-être déploie sauna, douche sensorielle, bain froid et baignoire à remous.
Photos Stéphane Groleau