Collonge-Bellerive. La maison d’origine était typique des années cinquante. Trop petite pour accueillir une famille, elle s’est changée en un habitat vaste et lumineux en s’adaptant aux contraintes liées à l’environnement.
Quand la famille Xenakis acquiert cette demeure, elle effectue son 22e déménagement ! Ici, le coup de cœur s’est porté sur le parc. Et pourtant, au-delà du plaisir qu’il procure, il oblige également à une astreinte de taille quand il est décidé d’agrandir. Impossible de toucher aux arbres séculaires classés. Des travaux en hauteur sont irréalisables, il faut travailler en largeur. Rita Xenakis, architecte-décoratrice d’intérieur, dessine la future maison en préservant le haut de l’ancienne bâtisse et en incorporant un bloc tout en longueur sur l’ensemble. Douze mois de travaux sont nécessaires. Quand on la regarde depuis le parc, elle surprend. Deux styles s’entrechoquent mais au final, se marient harmonieusement. La partie gauche a été délibérément construite sur pilotis.
Son sous-sol accueille une grande salle de jeux abritée et ouverte sur le jardin. Au total, 800m2 habitables. Les sols intérieurs et extérieurs sont réalisés dans la même pierre reconstituée qui a été lissée et polie. Les murs blancs permettent à la lumière d’entrer grâce aux très nombreuses ouvertures de la pièce à vivre et des chambres.
Des niches, ici et là
Pour le mobilier, chaque objet a son histoire. La table basse a été chinée sur un marché à Saint-Tropez, le salon a déjà fait nombre de déménagements mais il est recouvert à chaque fois pour s’insérer dans l’espace. Il sert souvent de base à l’esprit conféré à la décoration. La salle à manger change au gré des envies. Tantôt elle accueille un mobilier d’époque et son buffet, tantôt une réalisation sur-mesure, en cuir blanc, dessinée par Rita, faite par des artisans portugais. De nombreux détails ont leur importance. Ainsi, la cheminée placée entre la cuisine et le salon est à hauteur des yeux ce qui est beaucoup plus agréable, selon la décoratrice. Dans le spa, les chambres, l’entrée et les coursives, de nombreuses niches agrémentent l’espace et permettent de mettre en valeur une œuvre, un luminaire. Valaisanne, elle ne peut s’empêcher de mettre une petite touche de son héritage montagnard en installant ici un tapis, là un coussin en peau de vache. Côté tableaux, rien n’est statique. Ils ne sont jamais accrochés au mur mais déposés sur des morceaux de bois de façon à pouvoir en changer à l’envie. Jamais achevée, la maison est toujours en mouvement grâce à l’arrivée d’un nouvel objet chiné, d’un nouveau mobilier ou d’une suspension, qu’elle crée et qui accueille des bougies pour une ambiance feutrée le soir venu. Le pari est réussi, si bien que la maison est à vendre. Un 23e déménagement s’annonce et un nouveau chantier en vue pour Rita.