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Urbanisme : Les Passerelles à Cran-Gevrier

Les Passerelles à Cran-Gevrier


Urbanisme : le nouveau quartier longera les méandres du Thiou

Le projet des Passerelles, ce sont 576 logements bâtis autour d’une rivière, des quais réaménagés en promenade, des jardins ouverts sur la voie d’eau, des espaces verts et paysagers. Quand la nature entre en ville…

En 2005, lorsque le constructeur immobilier Priams acquiert le terrain des Papeteries de Cran-Gevrier, l’usine fonctionne encore. La fermeture du fleuron de l’industrie cran-gevrienne laissera place, un an plus tard, à une friche de six hectares traversée par la rivière le Thiou. Fruit d’une réflexion sur l’avenir du site, un partenariat public/privé engage la municipalité à aménager les espaces publics et le promoteur Priams à réaliser les logements.

Une nouvelle vie à Cran-Gevrier

D’emblée, le maire Jean Boutry affiche sa volonté de « transformer une ville touchée par la désindustrialisation en une cité attractive, plus pacifiée, plus conviviale ». De faire bien vivre ensemble les 1 200 à 1 500 habitants, de tous âges et de tous milieux sociaux, qui s’y établiront. « On va redonner de la vie économique, c’est un beau signal que nous envoyons après le départ des papeteries. »

Ce projet d’urbanisme permet de garder la trace du passé

Peu à peu, les orientations urbaines s’affinent et le cabinet d’architecture Aktis peut désormais esquisser le projet en intégrant les exigences de chaque partenaire.

D’abord, l’éco-quartier doit être connecté à la ville pour permettre aux habitants de profiter des équipements publics, des commerces et services déjà existants. De leur côté, les six résidences comprenant 576 logements renforceront la vitalité et l’attractivité du centre de Cran-Gevrier.

Ensuite, le Thiou – qui offre deux berges accessibles – doit servir de fil conducteur le long duquel s’édifiera le programme immobilier.

Enfin, le site sera porteur d’une mémoire industrielle et humaine en conservant le grand bâtiment caractéristique de l’architecture industrielle de l’après-guerre, les « halls des machines ». Pour le maire, « il était primordial de garder une empreinte de l’industrie qui a fait vivre tant d’hommes et de femmes de l’agglomération ».

Au milieu du projet d’urbanisme coule une rivière

Faire revenir la nature en ville, telle est la substantifique moelle du projet, selon Antoine Machado, directeur de Priams. « Tirer les bâtiments vers le haut contribue à libérer le site, à consacrer une très large place – 60 % – aux jardins et aux espaces verts et paysagers, tous ouverts sur la rivière. » La configuration (rez-de-chaussée plus deux à huit étages) a l’avantage de se fondre dans l’environnement car le quartier se situe à proximité du centre-ville et dans la partie basse de la commune.


Les immeubles disposés en « escalier » perpendiculairement au Thiou, leur hauteur, ainsi que la multiplicité des expositions et des terrasses permettent de capter un maximum d’ensoleillement, été comme hiver.

Corridor écologique à l’échelle intercommunale, le Thiou a fait l’objet d’une profonde réflexion. L’aménagement de ses berges en promenades, l’épaississement de la ripisylve et l’implantation du bâti en « barrettes » donnera au cours d’eau une position centrale au sein de l’éco-quartier.


Pourquoi « Les Passerelles » ?

Trois grandes passerelles – ouvrages ayant donné leur nom au quartier – permettront de s’affranchir des coupures urbaines :
– la Passerelle du Méandre, ouvrage monumental d’une longueur de 50 mètres ;
– la Passerelle du Cercle de l’eau, qui relie la Rive Gauche au centre-ville ;
– la Passerelle de jonction entre les deux rives.

La voiture autrement

Etabli en longueur – 92 mètres – le bâtiment des « Halls des machines » se veut aussi une pièce maîtresse du futur quartier en structurant l’organisation de la partie nord (voir page 66). Une large allée dédiée aux piétons, paysagée et bordée de platanes longera toute sa façade, franchira le Thiou, via une grande passerelle de 50 mètres et rejoindra ainsi le chemin de la Chapelle jusqu’à la ville haute (quartiers Vallon et Renoir).

Pour le maire, « la question des déplacements est primordiale. Nous voulons une voiture moins présente, une seule rue leur sera ouverte et nous encouragerons au maximum les circulations douces. » Le site sera desservi par des cheminements piétons, des voies pour les cycles, des passerelles non accessibles aux voitures, le renforcement de la ligne de bus existante et la mise en place d’un Bus à haut niveau de service (BHNS) par la Communauté d’agglomération d’Annecy (C2A).

Au prix du marché

En droite ligne avec la volonté municipale visant au « mieux vivre ensemble », le constructeur immobilier Priams a conçu des logements favorisant la mixité sociale et intergenérationnelle. La part belle a été accordée aux lieux partagés, intérieurs et extérieurs, par le biais de salles et de terrasses communes. Les immeubles s’ouvriront sur de vastes halls d’entrée accueillants, coiffés par de hauts plafonds, qui inciteront à l’échange et à la convivialité.

Les immeubles comprendront 30 % de logements sociaux dont une partie sera construite et gérée par le bailleur Haute-Savoie Habitat. Du T2 au T5, chaque appartement disposera d’un espace extérieur privatif : jardin ou terrasse profonde conférant ainsi une pièce à vivre supplémentaire.

Côté pratique, le stationnement des voitures se fera sur deux niveaux en sous-sol tandis que les vélos disposeront de locaux plain-pied, éclairés naturellement, pour une surface totale de 1 200 m². Soit 2 m2 par logement, du jamais vu dans l’agglomération !

Dotées de remarquables prestations, les six résidences des Passerelles contribueront à répondre aux besoins criants en logements dont souffre la Haute-Savoie, un département très prisé pour sa qualité de vie. Question budget, « à raison de 3600 € par m2, précise Antoine Machado, nous avons souhaité proposer une offre accessible, l’une des plus attractives de la région ». Les premières livraisons sont prévues fin 2015 et les dernières début 2017.

Le projet en quelques chiffres

576 logements ;
30 % de logements sociaux (180 appartements) ;
5 % de logements en accession sociale à la propriété ;
65 % de logements en accession libre et en location ;
45 000 m2 de surface de plancher ;
810 places privées dans le parking souterrain ;
1 200 m2 de locaux à vélo ;
2,5 ha d’espaces verts : 60 % de la surface totale.

Une énergie maîtrisée

Aux Passerelles, la consommation d’énergie sera maîtrisée et sa gestion optimisée notamment par :
– l’obtention du label Effinergie+ conférant aux logements une performance énergétique de 20 % supérieure à la réglementation thermique en vigueur ;
– une chaufferie bois qui fournira l’énergie nécessaire au chauffage et à la production d’eau chaude sanitaire pour la totalité du site ;
– l’utilisation de lumière naturelle dans tous les espaces communs (halls, couloirs, escaliers, locaux vélos, locaux poubelles…) ;
– la création d’énergie hydraulique et hydro­électrique par la centrale et son barrage conservés après la fermeture des anciennes papeteries.

Reportage de Louise Raffin-Luxembourg


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