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Séjour en Haute-Savoie : la Ferme des Lombardes ou la nature pour parure

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Cupidon décoche sa flèche. C’est le coup de cœur pour cette vieille ferme posée à l’orée d’une luxuriante forêt. Mais la vie n’ayant rien d’un conte de fée, seuls des travaux d’ampleur ont pu métamorphoser la citrouille en carrosse. En voici le récit…

Saint-Jean-de-Sixt, an 2008. L‘amour rend aveugle : il faut raison garder et observer le bâtiment avec objectivité. Car les acquéreurs ont de grands desseins pour le site qu’ils veulent transformer en résidence haut de gamme. Construite en 1903 au pied des Aravis, la ferme est saine, dehors comme dedans. L’union peut être scellée…

2015. La bâtisse de 550 m2 s’articule désormais autour de cinq appartements de standing répartis sur trois étages : le Grenier, le Galetas, le Virolet, le Certoux et l’Atelier accueillent les vacanciers toute l’année.


Ferme des Lombardes, un grain de beauté

À l’instar des nombreux chalets qui s’accrochent à nos montagnes, le bâti s’appuie sur du béton tandis que les étages s’habillent de bois. En droite ligne avec l’objectif des acquéreurs, le bardage d’origine constitue l’ossature de l’édifice. Consignes étant de ne pas toucher à la structure afin de conserver l’authenticité des lieux. En résumé, « on ne tombe aucune cloison et on garde un maximum de bois ». Le passé agricole doit hanter les pièces. La charpente fait peau neuve. Sur le toit, l’ardoise est troquée contre des tuiles de grès.

Vert, bleu, jaune, rouge… En décapant les volets, une farandole de couleurs dévoile la patte des anciens occupants. Mais de quelle teinte se draperont désormais les fermetures et balcons ? Le vert compte parmi les options. Il s’accorde merveilleusement avec le décor bucolique. Mais sur fond neigeux, le contraste perd de sa superbe. Ce sera le bleu qui, à bien y regarder, demeure prisé en Haute-Savoie.

Penchons-nous sur l’espace 5 étoiles, juché au dernier étage. Comme son nom l’indique, un grenier vise à stocker le grain. Aux Lombardes, il servait jadis à faire sécher le foin. L’endroit ayant nécessité la mise en place de baies vitrées, ainsi que la motorisation des claires-voies, le paysage se déroule aujourd’hui tels des tableaux à l’humeur changeante?: émeraude l’été, coton l’hiver.


Rêver dans son coin…

Qui dit montagne dit bois. Il réchauffe l’ambiance quand le froid se déchaîne et la tempère lors des grosses chaleurs. Le Grenier en est pétri. Du plancher au plafond, chêne, sapin, mélèze rappellent l’omniprésence de la forêt. Il n’empêche. Pour apporter une touche de modernité au décor traditionnel alpin, d’autres matériaux entrent en scène. Le sol de la cuisine se recouvre de larges carreaux design dont les teintes jouent avec la lumière : un effet tôle légèrement rouillé, mélange de gris anthracite et de reflets bleutés. Plus loin, la chaux s’affiche sur un mur séparant deux pièces, tandis que la pierre, taillée sur mesure, encadre la cheminée.

Enfin, face à la superficie du Grenier (275 m2 permettant d’accueillir 14 personnes), les propriétaires ont voulu créer des petits espaces de vie qui feraient oublier la grandeur des lieux. L’aménagement de la déco et du mobilier minutieusement sélectionnés (La Cabane à La Clusaz, Scène de vie à Annecy), a été réalisé en ce sens : afin de tisser des nids où chacun vaquerait à ses occupations. Ici, on bouquine, là on regarde la télé ou on joue aux cartes… Les cocons restant ouverts entre eux, personne ne s’y sent perdu… Ni étouffé. La plénitude totale…


Louise Raffin-Luxembourg