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Escalier : à Saint-Jorioz, un colimaçon d’inox au milieu du bois

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Escalier ou oeuvre d’art à Saint-Jorioz

D’allure ô combien traditionnelle, cette ferme de Saint-Jorioz cache bien son jeu. Le bâtiment rénové de 140 m2 recèle un appartement baigné de teintes et de matières chaudes. Et un escalier rare. Surprenant.

Entrée par la grande pièce à vivre emmitouflée de bois. Griffé, brossé, teinté par un artisan-menuisier local, l’épicéa du Jura confère au lieu un aspect « chalet » typique de notre région. Le cachet authentique de ce premier niveau est amplifié par la cheminée ouverte, que l’on voit de chaque angle de la pièce. 

Sur ce vaste plateau, où cuisine et séjour ne font qu’un, la séparation s’opère par une frontière invisible : sur le sol, de larges carreaux d’ardoise délimitent l’espace dédié à la préparation des plats tandis qu’un parquet en chêne clair accueille les visiteurs dans le salon.

Des bandes de Leds incrustées au plafond et au sol diffusent un éclairage feutré, mettant en lumière des points stratégiques de l’appartement et distillant ici où là, de croquantes lueurs pastels.

Étendu au coin du feu sous une peau de bête, vous sentez vos paupières vaciller… Soudain, un vent de fraîcheur vous arrache à votre torpeur. Cette brise de modernité souffle sur les éléments de la cuisine où un vert-jaune acidulé épouse un savoureux noir réglisse. Les tons sucré-salé trouvent une résonance sur les pans de mur. Suspendue au-dessus de l’îlot central, la hotte cylindrique dernier cri observe la scène gourmande.

Un style déco vintage chic

A l’heure du repas, approchons-nous de la table en verre ceinturée de sièges taillés en demi-citron. Ronds, pivotants, moelleux… Les fauteuils reviennent tout droit d’une expédition spatio-­temporelle dans les années soixante-dix. Participait aussi au voyage ce splendide escalier en inox, pièce maîtresse de l’habitation. « Le propriétaire cherchait un objet unique, atypique, aérien », explique Camille Boulongne, responsable de l’agence Plus Haut Design à Annecy. Affirmer que l’appartement s’est bâti autour de cette œuvre d’art frôle la vérité. La trémie a été réalisée sur mesure. Les marches, dessinées comme des pétales, tournoient jusqu’au deuxième niveau. Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie… Nous voilà en haut.


Ici, le résineux du Jura nous prend aussi dans ses branches. L’étroit couloir est ceint de portes en galandage ornées de fenêtres. Ces ouvertures salutaires apportent une bouffée d’air et un rai de lumière au corridor. En plus d’un gain de place, le système coulissant procure une vraie touche esthétique à l’habitation.

En haut de l’échelle

L’immense dressing et, dans le prolongement, la sublime salle de bains pavée d’ardoises de toutes parts. Deux poutres escortent le plan d’eau boisé et son bac rectangulaire. Le design très actuel de la baignoire va de pair avec la douche italienne dépourvue de cloison. Se doucher sans se cogner les coudes aux parois… le rêve !


Vue sur la chambre : la charpente, la tête et le cadre de lit, ainsi que les cloisons sont composés du même lambris jurassien. La noblesse des matériaux instille une agréable tiédeur à la mansarde. L’échelle posée sur un pan nous replonge dans notre enfance : quand nous allions grimper dans la grange à papy et que nous en revenions de la paille plein les cheveux.

C’est certain : sous son habit traditionnel, cette vaste ferme cache un logis au climat tempéré par une avenante chaleur et une rafraîchissante modernité.

Louise Raffin-Luxembourg


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