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Roland Thiaffey-Rencorel, président du groupe Artis

D'co-Magazine


Construction de maison et logement collectif en Savoie et Haute-Savoie

Basé à Metz-Tessy, le groupe Artis est le spécialiste du « prêt-à-porter » de la construction individuelle et du logement collectif. Rencontre avec Roland Thiaffey-Rencorel, troisième génération de bâtisseurs en pays de Savoie.

Traits?D’co?: Quel est votre parcours ?

Roland Thiaffey-Rencorel : Je suis tombé tout petit dans la construction car mon père et mon grand-père étaient menuisiers-charpentiers dans la vallée de Thônes. Ils bâtissaient des maisons en bois, des chalets. J’ai travaillé dans un bureau d’études en architecture avant de bifurquer vers le commerce. Puis je suis devenu responsable des ventes chez un constructeur local, et à 30 ans, je me suis associé avec Claude Blanc pour fonder la société Artis qui compte aujourd’hui 70 personnes. Cette année, l’entreprise fête ses 25 ans, belle preuve de confiance mais aussi de compétence et de pérennité.

Quelle est la vocation du groupe ?

Bâtir des logements résidentiels dans les Savoie et le pays de Gex. Nous exerçons deux métiers : dans le contrat de construction, notre client est maître d’ouvrage. Il arrive avec son terrain et nous lui concevons un projet individuel. Nous sommes aussi promoteur immobilier sous l’enseigne Imotis. Dans ce cadre, l’entreprise est maître d’ouvrage, achète le terrain et réalise un programme immobilier. La maison individuelle représente environ 75 % de notre chiffre d’affaires, et  la partie collective, 25 %. En 2013, nous avons livré 328 logements, soit un chiffre d’affaires de plus de 50 M€. Parmi les nombreux projets en cours : 48 appartements de standing dans le quartier des Thermes à Thonon, 15 maisons jumelées et individuelles à Cessy, à 15 minutes de Genève, ou encore 59 appartements et maisons à Saint-Pierre en Faucigny.

« Nous avons un métier complexe mais passionnant »

Un programme immobilier est une prise de risques à chaque fois ?

Au bout de 25 ans, nous connaissons notre marché et les zones recherchées. De plus, nous sommes aidés par des statistiques, la Direction départementale des territoires, les notaires, les agences immobilières et par nos propres chiffres. Nous savons exactement combien vaut un logement à Annecy-le-Vieux, à Thonon ou à Chambéry. À noter que la valeur de nos produits est moindre en Savoie : une maison sera vendue 200 000 € en Haute-Savoie et 100 000 € en Savoie. La Haute-Savoie reste un marché dynamique grâce à la vallée de l’Arve, au tourisme, à la proximité de Genève… La clientèle frontalière fait augmenter les prix, c’est de la mécanique économique.

Quelle est la situation du foncier dans le département ?

Nous trouvons encore du foncier mais il reste assez cher. Si on fait un rapport au mètre carré, il se vend quatre fois plus cher que dans les années 90 car la valeur qui était affectée au terrain a doublé, et, dans le même temps, la surface a été divisée par deux. Lorsqu’Artis a été créé, nous avons beaucoup construit de maisons individuelles en périurbain, sur des communes telles que Poisy, Seynod, Metz-Tessy ou Epagny. Là où, aujourd’hui, il faut densifier. En résumé, maintenant nous construisons du collectif dans le périurbain et il faut aller plus loin pour bâtir des maisons individuelles.

Y-a-t-il de grandes disparités de prix entre les communes ?

Bien sûr. Nous sommes dans une région de pays, avec des versants. Par exemple, on passe du simple au double entre Sevrier et Veyrier ou entre Seynod et Annecy-le-Vieux. Entre Courchevel, Megève, Chamonix et Faverges, on divise par dix. Les prix varient selon l’exposition, l’accessibilité, les services, la vue… Sur une même commune, les prix peuvent aussi changer selon le quartier. Le foncier, il faut l’attraper au bon prix et faire un programme qui plaît, qui va se vendre. Nous avons un métier extrêmement complexe mais passionnant car nous faisons des choses qui restent. C’est une vraie fierté de voir ce qu’on a bâti depuis 25 ans.

GRAND ECART
80 % des Français ont envie de bâtir une maison individuelle, mais la volonté politique actuelle est de densifier l’habitat urbain en privilégiant le logement collectif.

Quels sont les produits les plus recherchés ?

Nous proposons des constructions sur plan, du prêt-à-porter en quelque sorte, en bois ou traditionnel, ainsi que des maisons personnalisées, d’architecte. Les constructions sur plan sont les plus demandées, les mieux pensées et les plus accessibles économiquement. Au niveau des matériaux, nous employons beaucoup le parpaing, qui a fait ses preuves dans le temps. Aujourd’hui, les gens recherchent surtout de l’individualité, un jardin de plain-pied ainsi que des annexes. A l’intérieur, on conserve toujours un grand volume de vie avec cuisine ouverte sur le séjour. Et une suite parentale comprenant une chambre, le dressing et une petite salle d’eau avec douche. Chez nous, le client vient chercher avant tout de la qualité, du confort et du facile à vivre, pas du flashy. Au niveau esthétique, les pays de Savoie restent très traditionnels avec par exemple, des maisons dotées de toits pentus et des avant-toits. De plus, l’architecture est soumise à une réglementation contraignante. PLU, normes parasismiques, accès pour les personnes à mobilité réduite, Règlementation thermique 2012… Tout le cadre juridique incite à nous orienter vers des logements fonctionnels aux formes simples.

Comment voyez-vous le paysage savoyard de demain ?

80 % des Français ont envie de bâtir une maison individuelle. Or, les pouvoirs publics ont exprimé leur souhait de réduire la construction de la maison individuelle par le biais, notamment, de la récente loi Alur. Celle-ci restreint les zones constructibles et supprime la notion de surface minimum pour les terrains. La volonté est de supprimer l’étalement urbain, de densifier davantage, de recréer des bourgs, de privilégier le logement collectif. Il faut noter qu’en Haute-Savoie, les élus ont eu tendance à lâcher beaucoup de terrain et à miter le paysage. Cette loi est donc une bonne chose.

Mieux vaut investir dans le neuf ou dans l’ancien ?

Aujourd’hui, nous construisons des logements très qualitatifs, pas énergivores, étanches à l’air, très bien isolés. C’est la règle des 50KW par m2 et par an. Les maisons sont équipées de volets roulants, de baies vitrées qui diffusent beaucoup de lumière, de domotique qui facilite la vie, de pompe à chaleur ou de panneaux solaires… Ces logements se révèlent moins cher à l’exploitation et sont confortables. A côté, le coût de l’ancien est extrêmement élevé.

La pierre reste-t-elle une valeur sûre ?

Etre propriétaire à l’heure de la retraite est un avantage essentiel. Globalement, ceux qui ont acheté avant 2005 ont quasiment doublé leur capital. J’ai un exemple bien précis à Argonnay où les gens achetaient leur maison 150 000 € en 2000. Aujourd’hui, ces habitations valent le double. Les personnes qui ont commandé chez nous ont fait le meilleur placement de leur vie ! Alors oui, il faut se dépêcher d’acheter car l’immobilier reste une valeur refuge incontestable…

www.groupe-artis.com

Recueilli par Louise Raffin-Luxembourg


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