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Quartier Galbert Annecy : l’histoire d’une métamorphose réussie

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Histoire et changements du quartier Galbert à Annecy

La zone Galbert, c’est un peu le crapaud qui devient prince. Situé au nord d’Annecy, enclavé et délaissé par rapport aux quartiers plus prisés car proches du lac, le site abritant l’ancienne caserne militaire est méconnaissable.

Retour en arrière. En 1996, la ville d’Annecy acquiert 35 000 m2 de terrain à l’emplacement de la caserne du 27e Bataillon des chasseurs alpins. La municipalité entend exploiter ce maillon stratégique – situé entre la cité et l’agglomération – dans un but de revitalisation et de cohérence urbaine. L’aménagement doit en outre s’ancrer parfaitement dans l’environnement existant. Et là, le pari n’est pas gagné. La configuration du site présente en effet une poignée d’inconvénients. Recroquevillée sur elle-même par un vaste mur d’enceinte, la caserne est également cernée par deux artères fortes : les avenues de Genève et de Brogny. Sans compter la proximité de la voie ferrée qui n’arrange pas le tableau.

Construction et aménagements : une « grande villa » de 26 logements

D’entrée, la municipalité s’engage sur la création de logements de toutes tailles favorisant la mixité des financements : le programme en prévoit près de 450. Le premier aménagement de la zone – signé par l’architecte Renaud Broissand – est aussi celui qui articule ce nouvel aménagement urbain. Le projet se concrétise par un bâtiment à la typologie imbriquée et complexe pour affirmer, grâce à sa forte compacité, l’échelle d’une « grande  villa » de 26 logements et de 300 m² de commerces. La toiture courbe tendue permet d’intégrer des logements en combles occupés sans pour autant augmenter de façon trop importante le gabarit de l’édifice. Ces appartements ont donc la particularité d’offrir des murs de façades inclinés et des rampants courbés.

Les Archives déménagent dans le quartier Galbert

Parallèlement, le cabinet Brière & Brière élabore un autre ensemble. Celui-ci comprend deux bâtiments regroupant les
Archives municipales et des logements : un premier fait front au principal parc public de la zone Galbert en se positionnant dans l’alignement de la Chambre de commerce et d’industrie. Le deuxième donne sur la rue.


La façade ouvrant sur le parc assure intimité et protection solaire grâce à un ensemble de panneaux verticaux. Elle s’anime ainsi d’un jeu d’ombres et de lumières en fonction des saisons et des instants de la journée. Les façades secondaires opposent à cette esthétique « travaillée » un dessin plus sobre et minimal.

Galbert, un quartier ouvert sur la montagne  

La généreuse composition d’espaces verts entend apporter une bouffée d’air au quartier ainsi qu’à la zone périphérique qui en est dépourvue. Autour des squares et jardins publics, la voirie dessert les bâtiments répartis en îlots et offre un maillage de rues encourageant les cheminements piétonniers et cyclistes, sur le modèle des quartiers lyonnais reliés par des traboules. Des sens uniques visent à limiter la place de la voiture à l’intérieur du quartier (des places de stationnement souterraines sont réservées à raison d’1,5 par logement).

Galbert forme aujourd’hui un ensemble de bâtisses marquées par un style différent mais un profil similaire : hauteur, toiture en zinc ou en bac acier et toits terrasses, façades recouvertes d’enduits minéraux, couleurs oscillant entre le sable et le beige… Leur conception tire le meilleur parti de la configuration du site en offrant de belles ouvertures sur les montagnes dont le Parmelan et le Semnoz.

Reportage de Louise Raffin-Luxembourg