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La Fondation Louis Vuitton, une audace visionnaire

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À Paris, le chantier de la Fondation Louis Vuitton, nouveau musée d’art contemporain, a bouleversé les principes de l’architecture.

L’ambition de l’architecte canadien Frank Gehry, était de « concevoir à Paris un vaisseau magnifique qui symbolise la vocation culturelle de la France ». Passant du rêve à la réalité, il a d’abord crayonné une esquisse sur la page blanche d’un carnet : un nuage transparent posé à la lisière du Jardin d’acclimatation, dans le bois de Boulogne.

Des blocs d’iceberg

« À l’image du monde qui change en permanence, nous voulions concevoir un bâtiment qui évolue en fonction de l’heure et de la lumière, afin de créer une impression d’éphémère et de changement continuel », explique l’architecte. Sa première ébauche s’inspire de la légèreté des architectures de verre et de jardin de la fin du XIXe siècle. Frank Gehry façonne ensuite une myriade de maquettes en bois, plastique et aluminium, jouant avec les lignes et les formes, imprimant un mouvement à l’édifice en devenir. Le choix des matériaux devient alors évident : une enveloppe de verre recouvrirait le corps du bâtiment, assemblage de blocs nommé « iceberg », lui conférant ainsi son volume et son élan.

Architecture et défi technologique

La démarche créative exige une innovation technique de haute volée, tant dans la conception du projet que dans l’engagement des travaux. Dès les premières étapes, les partenaires réunis autour de la table apprennent à manier un outil aux performances uniques : Digital Project, un logiciel 3D permettant de réaliser les formes complexes imaginées par Frank Gehry.

Érigé sur un bassin, l’édifice est pensé comme un voilier ou un vaisseau s’insérant dans l’environnement naturel, entre bois et jardin, jouant de la lumière et des effets de miroir. La maquette définitive est ensuite scannée pour fournir le modèle numérique du projet.

Parallèlement, la fabrication du verre est l’occasion de repenser les savoir-faire. À ce titre, un four spécifique est créé pour répondre aux exigences de courbure et d’élancement imposées par les plans. Les 13 500 m2 de verrière sont aujourd’hui constitués de panneaux moulés sur mesure.

« Pensé comme un voilier, l’édifice évolue avec l’heure et la lumière »

Un cas d’école

La construction de la Fondation Louis Vuitton répond également aux engagements du groupe LVMH – initiateur du projet – pour le développement durable. Avant le lancement du chantier, la faune, la flore, les nappes phréatiques ont été observées et étudiées, les impacts acoustiques et l’accès de tous les publics anticipés ont été pris en compte.

« C’est un bâtiment très atypique. Je n’ai jamais dessiné quelque chose qui ressemble exactement à celui-ci », reconnaît Frank Gehry. Véritable phénomène, l’ouvrage figure d’ores et déjà au programme du cycle d’études en architecture de l’université d’Harvard. Sans conteste, l’édifice compte parmi les réalisations emblématiques du XXIe siècle.

Louise Raffin-Luxembourg