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JR photographe : le génial artiste hors la loi

JR : le génial artiste hors la loi


JR, un photographe loin des clichés

En exposant – avec ou sans autorisation – ses immenses photos sur les murs de toute la planète, JR peut se targuer de posséder la plus grande galerie d’art au monde.  

Derrière le masque de l’anonymat et l’absence d’explication accompagnant ses créations, des bribes d’informations filtrent : né en 1983 à Paris, d’origine tunisienne, JR commence à exprimer ses talents artis­tiques à l’adolescence, dans le graffiti.

Sa vocation s’affirme lors d’une trouvaille fortuite. Celle d’un appareil photo égaré dans le métro parisien. Dès lors, il se met à parcourir l’Europe, observe les gens, écoute leur message, puis colle leurs visages dans les rues, les sous-sols et sur les toits de Paris. Puis il réalise Portrait d’une génération : des clichés de jeunes de banlieue exposés en format géant dans les quartiers bourgeois de la capitale. D’abord illégale, sa démarche est finalement acceptée par la mairie de Paris. Son effronterie marque le début d’un périple international guidé par une seule ambition : rendre l’art accessible à tous. « Dans la rue, je touche des gens qui ne vont jamais au musée », explique-t-il.

Artiste + activiste = artiviste 

En 2007, « l’artiviste urbain », comme il se définit, présente la plus grande expo photo illégale du monde : des portraits monumentaux d’Israéliens et de Palestiniens face à face, dans huit villes palestiniennes et israéliennes et de part et d’autre de la barrière de sécurité. Pour JR, cette action artistique se veut avant tout une aventure humaine : « Les héros du projet sont tous ceux qui, des deux côtés du mur, m’ont autorisé à coller sur leur maison. »

Le monde pour toile

Mélange d’art et d’action, de provocation et d’engagement, de liberté et de limite, son travail fait le tour du globe : sur les ponts brisés d’Afrique, dans les favelas au Brésil, sur des bâtiments délabrés de Shanghaï. Depuis le 4 juin dernier, JR s’est installé au Panthéon en posant 4 000 portraits sur le dôme de l’édifice. La bâche restera deux ans. Deux années pendant lesquelles les anonymes auront le privilège de côtoyer les grands hommes.
www.jr-art.net

Louise Raffin-Luxembourg