INSPIRATION / /

David Giraud, PDG de MGM

D'co-Magazine


Construction de chalets et d’appartements haut de gamme à la montagne

Ancré historiquement dans le bassin annécien depuis 50 ans, MGM s’affiche comme le leader sur le marché de l’immobilier de tourisme haut de gamme à la montagne. Entretien avec son président directeur général, David Giraud.

Racontez-nous la naissance de MGM, il y a 50 ans…

David Giraud : C’est mon père qui a créé la société. En 1963, à l’âge de 21 ans, il a pris sa carte d’artisan – menuisier charpentier – et fondé les chalets et maisons Maurice Giraud. Les constructions se réalisaient principalement dans le bassin anné­cien tandis que le berceau de l’entreprise se trouvait à La Balme-de-Sillingy.

En 1986, mon père a créé la marque MGM qui était la partie promotion montagne de la société. À partir de 1997, nous avons fait une petite échappée sur la Côte d’Azur.

J’ai repris MGM en 2003 et décidé d’arrêter le sud de la France en 2006. Depuis, nous avons enraciné notre positionnement « lac et montagne », qui est le véritable ADN du groupe. Notre activité sur la région d’Annecy représente environ 20 % de notre chiffre d’affaires, le reste se concentre exclusivement sur la montagne, en Savoie, Haute-Savoie, Isère et Hautes-Alpes.

« Notre groupe a su garder son âme »

Si vous aviez un événement marquant à retenir…

Ce serait la création de CGH* * Compagnie de Gestion Hôtelière – aussitôt après avoir repris l’entreprise – afin d’assurer l’exploitation de nos résidences de tourisme. Notre activité comprend en effet la construction de chalets et d’appartements pour de la résidence secondaire traditionnelle mais surtout des résidences de tourisme quatre étoiles sous la marque CGH. Qu’elles proposent 40 ou 100 logements, toutes disposent d’un concept spa-piscine. En 2004, nous étions l’un des premiers à intégrer les cabines de soin et de bien-être qui ont ensuite été imitées par d’autres exploitants. Mais nous nous démarquons en proposant des sites très spacieux, comme au Grand-Bornand, à Samoëns, aux Carroz d’Arâches ou aux Houches. Depuis 2004, nous avons créé 24 résidences et 2 hôtels, ce qui représente environ 2 000 appartements.

Quels sont vos choix en matière de décoration intérieure ?

Je vais distinguer deux cas. Dans les grandes résidences – où les espaces récréatifs font entre 1000 et 1500 m2 avec salon-accueil, cheminée et piscine – les gens restent assez traditionnels. Ils s’attendent à voir de la pierre et du bois. Ce côté chaleureux et cosy, c’est notre marque de fabrique. Nous avons tenté une approche plus moderne dans une ou deux résidences et même si cela plaît, il n’y a pas la même émotion.

Quant aux appartements, nous avons innové un peu plus. Les robinetteries, luminaires, plans vasques ou appareillages électriques se sont modernisés. Les chambres sont en parquet, les carrelages sont passés du 30 x 30 cm à du 30 x 60 cm. Le client peut choisir entre trois coloris parmi des couleurs chaudes. On reste sur nos fondamentaux mais plus « déco ».

Comment évolue l’immobilier de tourisme à la montagne ?

Nous ne sommes plus dans le marché euphorique que nous avons connu de 2003 à 2008. Aujourd’hui, nous travaillons sur des volumes beaucoup moins importants. En période d’euphorie, beaucoup de personnes viennent faire du profit et de la spéculation au détriment de l’aspect qualitatif. Nous, même en période difficile, nous sommes toujours présents.

Heureusement, il y a toujours des gens qui aiment le ski et qui achètent. Notre clientèle compte autant de propriétaires que de locataires, et 30 % vient de Grande-Bretagne, Belgique et Hollande.Et il y a toujours le marché français ! Notre objectif est de réaliser deux à trois résidences par an, ce qui est déjà un beau défi quand on fait du qualitatif.

Quels sont vos critères d’implantation ?

Nous orientons nos choix vers des stations qui savent investir dans leurs infrastructures, comme le Grand-Bornand ou Tignes. Nous sommes attachés à toutes les stations qui possèdent un beau domaine skiable et qui impulsent une dynamique de développement, dans leurs équipements collectifs par exemple. Nous n’avons pas de politique « station de haute altitude avec garantie de neige ». Nous sommes plutôt dans un panachage qui comprend également des stations villages car il en faut pour tous les goûts. En plus de l’implication dont fait preuve la commune, nous regardons de très près l’emplacement : centre de station ou ski aux pieds. Ce sont des critères primordiaux.

Quel est l’impact de la crise sur votre activité ?

Comme beaucoup, elle se traduit par une baisse de volume de 20 % à 30 % par rapport à 2012. Si un promoteur me dit qu’il n’a pas baissé, je ne le croirai pas. Tout le monde est touché par une conjoncture compliquée, une fiscalité à géométrie variable, un horizon qui n’est pas au beau fixe, une courbe de chômage importante. Il faut être réaliste et s’adapter : avoir un choix d’emplacement exceptionnel, une qualité irréprochable, se dire « on en fait peut-être moins mais on fait mieux ».

Comment voyez-vous le groupe dans 50 ans ?

(Rires) Ça va paraître présomptueux ! Eh bien, dans 10, 20 ou 50 ans, nous souhaitons rester un partenaire local privilégié des collectivités, garder un noyau d’entreprises très fidèles à MGM : du menuisier-charpentier au maçon, en passant par le plombier ou l’électricien. Comme nous représentons 24 résidences et 2 000 appartements, notre objectif est de continuer à en bâtir car nous contribuons au développement économique des stations : forfaits, commerçants, écoles de ski… Notre ambition est d’être toujours un acteur présent à la montagne, clairement identifié sur du quatre étoiles, qui a l’image de marque de la qualité. L’important est de conserver notre identité, notre savoir-faire et notre âme. C’est une expression que j’utilise souvent mais je le crois sincèrement.

Anniversaire

« 50 ans est un gage important de sécurité et de sérénité pour nos clients et nos investisseurs », explique le constructeur haut-savoyard.

Recueilli par Louise Raffin-Luxembourg