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Hôtel particulier : un chic parisien subtilement décalé


Un étage complet de cet hôtel particulier s’est métamorphosé en trois appartements. Si l’âme des lieux devait rester, une touche de néoclassique était la bienvenue.

L’hôtel particulier se dresse dans le VIIe arrondissement de Paris, le fameux Triangle d’Or. Les clients ont confié une mission de haut vol à l’atelier annécien Pascal Borde : transformer un étage de 430 m2 en trois appartements avec accès indépendants : un foyer pour les propriétaires, un deuxième pour les enfants et amis, et un dernier pour le personnel. Du sol au plafond, tout a été restructuré.
Planté sur la rive gauche de la Seine, ce bâtiment s’enveloppe de façades en pierres tandis que ses entrailles cachent une structure en bois et torchis. Une fois mise à nue, l’ossature a été cassée puis consolidée. Ici ou là, des murs porteurs ont été abattus pour mieux ressusciter par la grâce de poutres IPN. Au nombre des travaux d’ampleur figure également la verrière extérieure mince comme du papier à cigarette. Complètement refaite, elle s’est muée en une éblouissante entrée, offrant désormais une isolation optimale.

« Partout, ou presque, des notes classiques jouent de concert avec des touches contemporaines. »

Hôtel particulier par Pascal Borde : Le classique revisité

Conformément au désir des propriétaires, l’architecte d’intérieur a conservé l’âme des lieux, celui qui fait le charme des appartements chics à la parisienne avec leurs cheminées, moulures et parquets. Mais rien ni personne n’empêchait de réinterpréter l’histoire. Partout, ou presque, des notes classiques jouent de concert avec des touches contemporaines. La cuisine au style traditionnel compte parmi les plus belles illustrations de ce mariage réussi. Imaginez. La création d’une fausse verrière auréole l’endroit de lumière tandis que ses corniches périphériques font office de jardinière. Les plantes amènent une couleur rafraîchissante dans cette pièce à dominante assumée noir et blanc. Le look rétro du sol en mosaïque de marbre côtoie la modernité des chaises et de la table Emmemobili. Un royal éclat jaillit du lustre chandelier. À bien y regarder, le fastueux plafonnier fait de la provoc’ avec ses bras qui, façon cire fondante, menacent de couler sur les invités !

Jouer avec les paradoxes

Mais restons au rayon des luminaires puisqu’il en vaut le détour. Voilà des objets qui jouent incontestablement les premiers rôles dans ce scénario parsemé de malice. Ainsi, le lustre Zenith de Baccarat jongle avec les paradoxes. Richement orné, ce symbole de luxe et d’opulence ne peut garder son sérieux ainsi coiffé d’un désopilant parapluie. Telle est la philosophie de l’architecte d’intérieur : saupoudrer le classique d’une pincée de « décalé ». Dans la salle à manger, la longue table en chêne éclairée par des lustres en fils illustre le parfait mariage des matériaux bruts. Le mélange de l’authenticité et de la modernité se reflète aussi dans les parquets. Ici en chêne blanchi, là en chevron gris… Ils contribuent à tisser une atmosphère feutrée, rehaussée par le choix des revêtements muraux. L’appartement des clients affiche ainsi des tons doux et profonds de la marque Farrow & Ball. Un marbre couleur café dans la salle de bains. Quant au nid des enfants, il se pare de couleurs vives et gourmandes : bleu dans la chambre, chocolat au lait dans la pièce d’eau. Réveil en douceur pour les grands ou en fanfare pour les petits. Les lieux sont façonnés à l’image de ses occupants. Du sur mesure.

RIVE GAUCHE
Indécelable depuis la cour, une rénovation contemporaine qui connaît ses classiques.

PARAPLUIE
À l’entrée, une console et des fauteuils bergère à dôme Henriot. Au fond, radiateur Milano de Tubes Radiatori. Lampes et lustre parapluie Zenith de Baccarat. Design Philippe Starck.


LE SALON
À gauche, mur bibliothèque en chêne créée par Pascal Borde. Plafond parsemé de rosaces classiques et contemporaines avec spot intégré (Karman). Fauteuils gris perlé et tables basses de Flexform. Lampes Baccarat.

NOIR ET BLANC
Cuisine traditionnelle signée Leicht. Plan de travail et crédence en granit. Chaises et table ovale Emmemobili. Lustre « Au Revoir », design Matteo Ugolini pour Karman.

AUTHENTICITÉ
Séjour-salle à manger : table en chêne de 4,50 mètres, créée par Pascal Borde. Tapis en corde Paola Lenti. Chaises Pedrali en cuir. Meuble buffet Emmemobili. Lustres en fils Vibia.


FEUTRÉ
Chambre principale : tête de lit matelassée à cabochons. Lampe à suspension Karman. Table de chevet Maxalto. Rideaux de Colony.Mur ton vert d’eau pale Farrow & Ball. Sol moquette en soie et laine de Jov.

COULEUR CAFÉ
La salle de bains en marbre. La marque Agape signe la robinetterie, les plans vasques et la baignoire avec rangements. Porte en verre Rimadesio. Appliques et plafonnier Baccarat. Coiffeuse laqué noir Barcelona Design.

CIEL ET MER
Camaïeu de bleu dans la chambre d’enfants. Appliques façon feuilles de laitue, escargots et lampe hibou de Karman. Coffre à jouets (en forme de balle de golf) et lit à étage Magis.

TROMPE L’ŒIL
Dans les toilettes, un vélo rétro au style british porte un plan vasque en chêne. Fresque imitation papier chinois de soie par l’artiste-peintre Maya Jardel. Mur rose pâle Farrow & Ball. Parquet en chêne blanchi de Mardegan.


PASCAL BORDE
« J’aime jouer avec le décalage, apporter une touche contemporaine, une pointe de néo-classique, tout en gardant l’âme des lieux. »

VOLUPTUEUX
Les luminaires en verre soufflé Ceraunovolta : une création unique en son genre de la maison d’édition Karman.

ÉPURÉ
Dans le salon, un fauteuil Mart de B&B Italia. Parquet chevron gris Mardegan. Tapis en corde à motif floral de Paola Lenti.


Louise Raffin-Luxembourg

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